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Transition énergétique

Nétiquette et Sobriété Numérique

La Nétiquette est un concept qui est apparu avec le développement d’Internet en 1995. A cette époque il s’agissait principalement d’éclairer les nouveaux usagers des règles de bonne conduite pour l’utilisation des outils à disposition sur Internet, dont, entre autres le mail.

La Nétiquette d’origine traduite en français est disponible sur le site : https://perso.uclouvain.be/jean-pierre.kuypers/Netiquette/rfc1855.fr.html

Certains outils mentionnés ont disparu et certains usages sont désuets ou n’ont plus d’utilité vus les moyens dont nous disposons. Mais, ils montrent que les préoccupations de l’époque sont voisines de celles d’aujourd’hui dans nos relations sur Internet !

25 ans plus tard, nous ajoutons à la Nétiquette, l’idée de sobriété numérique.

A l’époque l’attention portée sur les ressources provenait des problématiques de débits et des capacités de traitement, il fallait économiser la bande passante pour que les informations circulent.

Aujourd’hui, avec l’Internet haut débit, les capacités surdimensionnées de nos ordinateurs, il s’agit de diminuer la consommation d’énergie électrique du numérique pour limiter les émissions de carbone. En effet, la consommation d’énergie du numérique est aujourd’hui en hausse de 9 % par an, contrairement à tous les autres secteurs. Préserver la ressource, c’est utiliser ces capacités à bon escient. A tel point que certains s’interrogent sur l’intérêt de la 5G, si ce n’est augmenter encore la consommation énergétique à travers l’augmentation de la diffusion de vidéos ou de nouveaux usages basés sur des réseaux sans limites. En effet, la diffusion de vidéos ou « streaming » est responsable de 60% des flux de données mondiaux. Afin de ne pas saturer l’Internet en Europe, Netflix, le géant du streaming limite la qualité de ses diffusions pendant le confinement lié au Covid-19 ! C’est dire le poids du streaming !

Un autre point que recouvre la sobriété numérique, c’est la réduction de notre consommation d’informatique. C’est à dire conserver les ordinateurs plus longtemps, les faire réparer plutôt que de les remplacer, les éteindre quand on ne les utilise pas. Bref, faire en sorte que la durée de vie de nos outils informatiques, ordinateurs, portables, mais également tablettes et téléphones, soit plus longue. Car la production de matériel informatique a un fort impact environnemental de par l’utilisation de matériaux comme les terres rares et divers métaux : or, plomb, cuivre, zinc, etc… En moyenne, il faut mobiliser de 50 à 350 fois leur poids en matières pour produire des appareils électriques à forte composante électronique, soit par exemple 800 kg pour un ordinateur portable. D’après le Shift Project, en moyenne en 2018, un Américain possède près de 10 périphériques numériques connectés, et consomme 140 Gigaoctets de données par mois. Un Indien possède en moyenne un seul périphérique, et consomme 2 Gigaoctets. On voit là également une très forte disparité entre les pays du Nord et du Sud.

Enfin, la sobriété numérique nous incite à nous interroger sur un point symptomatique de nos usages. La consommation de papier a doublé en 20 ans, alors que le nombre d’utilisateurs de l’Internet est passé de 200 millions à 4,4 milliards dans le même laps de temps. Aurait-on oublié les slogans qu’on voit en pied de page des courriels, du type : « Pensez à l’environnement. N’imprimez ce courriel que si vous en avez vraiment besoin ». Comment expliquer que la croissance du numérique, qui nous conduit au tout digital et qui aurait dû faire décroitre la consommation de papier a eu l’effet inverse ? La réponse est que ces moyens mis à notre disposition ont facilité l’impression. La 5G aura le même effet sur le streaming. Comment défendre le discours politique qui consiste à dire que la croissance de l’Europe passera par le développement du numérique ? C’est un message incompatible avec les enjeux environnementaux à venir s’il n’est pas accompagné par un discours sur la sobriété numérique qu’il faudra appliquer et non pas uniquement rappeler en pied de page des courriels…

Enfin, le dernier point que recouvre la sobriété numérique, c’est le droit à la déconnexion et l’utilisation raisonnée de nos outils numériques afin de ne pas en être esclave !

L’article qui fournit quelques bonnes pratiques de la Nétiquette et de la sobriété numérique est consultable sur le site de l’IESF-LR : https://iesf-lr.org/non-classe/netiquette-et-sobriete-numerique/ et contient les références sur le sujet.